Hope

Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 18:31

Quelque chose passa dans son champ de vision. Hope interrompit sa réflexion pour se concentrer sur le paysage: La neige tombait. C'était la première neige de la saison. Et le ravissement habituel se doubla d'un étonnement.

« Regarde papa. La neige, c'est bizarre. »

Mr Damer se pencha sur le tableau de bord pour observer le ciel. Il souleva les sourcils de stupéfaction. Puis il ralentit et gara la voiture sur le bas coté de la route. Mr Damer et sa fille sortirent du véhicule et ils avancèrent sur l'herbe entre la route et la rivière.

« Tu as vu ça papa ? »

La neige fondait avant de toucher le sol. Une myriade de flocons tombait dans une brume givrante, et pourtant à deux mètres du sol, les flocons s'évaporaient. Si bien qu'en tendant les bras vers le ciel, Mr Damer pouvait effleurer ce nuage floconneux avant qu'il ne disparaisse. Quant à elle, Hope, devait se contenter de regarder le plafond mou au dessus de sa tête. Elle ouvrait la bouche et tirait la langue en espérant qu'un flocon plus hardi que les autres se risquerait à sa hauteur. Elle serait alors en mesure de goûter cette première neige annonciatrice de l'hiver.

Son père lui indiqua une masse sombre au loin sur l'autre rive. Un ours noir était sorti de la forêt pour se désaltérer. Hope n'avait jamais vu d'ours en vrai avant Rohg, mais elle avait le sentiment que désormais sa vie serait en permanence liée à ces animaux.

« Les ours vont bientôt hiberner. »

« Quoi ? »

« Les ours vont bientôt hiberner. C'est peut-être une bonne nouvelle. Sans la présence des ours, peut-être que les loups resteront dans la forêt. Peut-être qu'ils ne viendront plus en ville. »

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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 18:30

Un petit bond en avant dans l'histoire. Archi vient demander l'aide de Hope pour accomplir une mission qu'il n'est plus en mesure de mener à bien seul. Ils viennent de quitter le jardin de la maison de Hope.


« Je veux bien vous aider Archi, mais je ne suis pas sur de pouvoir... »

« Ne t'inquiètes pas, il suffit que tu m'accompagnes sur la colline et tu verras tu t'en sortiras très bien. Reste bien derrière moi surtout, et ne dis plus rien. Nous ne devons pas nous faire remarquer. »

« Pourquoi ? »

« Chut. Je t'expliquerai plus tard. »

Hope suivait donc Archi dans le silence. Elle éprouvait quelques difficultés à suivre ce lapin, il se déplaçait à vive allure, l'obligeant à courir par moment. La nuit était froide et humide. Les feuilles mortes qui bruissaient sous leurs pieds, laissaient échapper un parfum d'automne. A présent, Hope pouvait apercevoir le chemin qui menait au sommet de la colline, dans quelques minutes ils y seraient. Cependant, quelque chose clochait. Elle avait la sensation d'être suivie. De temps à autre elle croyait entendre comme une respiration juste derrière. De plus elle était persuadée qu'Archi l'avait entendue lui aussi. Le lapin se retournait régulièrement pour scruter nerveusement l'obscurité.

« Archi qu'est-ce qu'il se passe ? »

Pour seule réponse, le lapin accéléra encore le pas. Hope commençait à regretter d'être venue. Elle n'était pas rassurée, il faisait froid et elle se trouvait maintenant à vingt minutes de marche de chez elle. Puis il y eut un grognement derrière, légèrement sur la droite.

« Oh non, pas maintenant, c'est trop tôt.» lâcha le lapin.

« Archi !! Qu'est-ce que... »

« Cours Hope, cours vers la colline !! »

Hope se mit à courir aussi vite qu'elle put. Elle était effrayée.

« Archhiii... » elle sanglotait presque.

« Cours Hope, ne t'arrêtes pas. »

Hope fixait son attention sur le sommet de la colline et les trois arbres entremêlés qui la couronnaient. Des larmes coulaient de ses yeux l'empêchant de voir correctement. Elle courait sans quitter les arbres du regard, elle ne voulait pas voir ce qui les poursuivait. Ils étaient pratiquement arrivés, mais Hope se demandait ce que ça changerait d'arriver sur la colline puisqu'une une bête féroce les avait pris en chasse. Peut-être que le lapin pensait s'abriter dans un arbre, mais Hope n'arriverait pas à monter à un arbre, elle en était persuadée, elle avait bien trop froid et bien trop peur pour ça. Alors dans un geste fou, elle se retourna pour faire face au danger. Elle vit deux yeux rouges lumineux se rapprocher dangereusement d'elle.

« Hope, non. Nooooon ! » hurla le lapin désespéré.

La fillette vit le lapin effrayé hurler, tentant de revenir vers elle comme au ralenti. Puis elle regarda la bête bondir sur elle. Hope attendait la douleur qui arriverait inévitablement quand l'animal planterait ses crocs dans sa chair, mais cette douleur ne vint pas, car une ombre solide faucha la bête en plein vol, dans un grognement grave. Tout ce qu'elle pouvait voir c'était deux ombres qui se jetait tour à tour l'une sur l'autre dans une cacophonie d'aboiements, de hurlements et de plaintes. Le lapin était arrivé à ses côtés, il tentait de reprendre son souffle tandis que Hope en pleurs ne pouvait quitter la bataille du regard.

« Ca va aller maintenant. Il n'y a plus de danger. »

« Plus de danger ?! Je n'en suis pas si sûr, courrons jusqu'aux arbres. » Le lapin à ses côtés, Hope avait repris ses esprits.

« Ce n'est plus nécessaire, c'est Rohg, un ami. Il est très fort. Le loup n'a aucune chance. »

« Le loup ? » Rien qu'en entendant ce mot Hope fut plus effrayée encore.

« Ne t'inquiète pas, puisque je te dis que tout est fini. » Archi se voulait rassurant.

Il avait vu juste, quelques instants plus tard Rohg les rejoints dans un râle.

En le voyant, Hope poussa un petit cri effrayé. Rohg était un ours, un gros ours noir qui avait des restes de loup dans la gueule.

« Hope je te présente Rohg, mon partenaire et ami. Merci d'être venu à notre rencontre Rohg, nous ne serions jamais arrivés au sommet de la colline... Enfin, mission accomplie mon ami, bravo. » Archi semblait encore bouleversé par ce qui venait de se passer.

« Mission accomplie ? Quelle mission ? » Hope avait peur de comprendre.

« Ce loup était mort, comme moi vois-tu, mais il continuait de chasser les vivants. Ce qui est absolument interdit, comme tu peux t'en douter. Les morts n'ont plus besoin de boire ou de se nourrir... »

« Et donc, j'ai servie d'appât, c'est bien ça? »Hope était offusquée.

« Hum, euh oui. D'habitude c'est mon rôle, mais un lapin mort n'est pas très appétissant. Il n'y avait aucun risque vois-tu puisque Rohg veillait sur nous. »

« Sauf que votre ours nous attendait sur la colline, n'est-ce pas ? Et que nous avons bien faillis ne jamais arriver au point de rendez-vous. »

« Oui, mais tout est bien qui finit bien, le loup est en pièces et nous n'avons pas été blessé. »

« J'ai donc bien servie d'appât... »

« Oui, mais... »

« Comment avez vous pu me faire ça ? Sans me prévenir ? J'ai cru que j'allais mourir dans la plaine, seule au milieu de la nuit, je n'aurais plus jamais revu mes parents. »

Hope toisait Archi du regard. Il baissa les yeux et n'ajouta rien de plus. La jeune fille lui tourna le dos et repartit en direction de sa maison.

Rohg grogna quelque chose à l'attention du lapin.

« Elle a raison, Rohg, je n'ai pas été honnête avec elle. Laissons la partir. Je me débrouillerai avec Arkanrohg. »


Hope rentra chez elle en pleur, elle venait d'être trahie par le seul ami qu'elle avait jamais eu. Après s'être battu avec les boutons de son manteau, elle se coucha avec le reste de ses vêtements, trop épuisée pour se mettre en pyjama.  

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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 22:38

Après avoir débarrassé la table, Hope remonta dans sa chambre. Elle avait une montagne de devoirs à faire, et si elle ne s'y mettait pas immédiatement elle devrait passer son dimanche dessus. Et ça, il en était hors de question. Elle s'installa à son bureau et prit ses livres. Le vent continuait de souffler, faisant grincer les arbres dans le jardin. Pour fuir l'horrible couverture de son livre d'histoire, Hope observa la danse des branches nues par la fenêtre. L'automne était déjà bien avancé, et au vu des dernières tempêtes, l'hiver promettait d'être rude. Elle était hypnotisée par le spectacle lorsqu'elle entendit une petite voix derrière elle:

« Tu pourrais au moins présenter des excuses. »

« Quoi ? » Hope s'était tournée vers son lit, mais elle ne vit personne dans la direction d'où venait la voix.

« tu perds la tête ma chère Hope. » se dit-elle à voix haute.

« Je ne sais pas si tu perds la tête, mais en tout cas t'es aveugle. Et mal élevée, parfaitement mal élevée. »

Cette fois, en se tournant, elle le vit. C'était une pauvre chose, un brin grotesque. Campé sur ses deux pattes arrières, un lapin blanc la dévisageait, les poings sur les hanches. Il était sale et il sentait mauvais. Il sentait si fort que Hope se demanda comment elle ne l'avait pas remarqué plus tôt. Une de ses oreilles pendait sur le coté de sa tête, prête à tomber à la première occasion, et à intervalle régulier il semblait vouloir remettre quelque chose en place à l'intérieur de son ventre.

« C'est très impoli de dévisager les gens comme ça. Tu es une vilaine jeune fille. Tu n'es pas très jolie, je me répète mais tu es extrêmement mal élevée, tu n'as aucune tenue, tes yeux sont globuleux, ta bouche tombe et tu ... »

« Que, qu'est-ce, que... que... »

« Et en plus de tout ça tu bégayes ! Tu parles d'un numéro que j'ai tiré là ! Est-ce qu'au moins tu daignerais me servir à boire ? »

Hope ne répondit rien et descendit les escaliers en courant, elle se précipita dans la cuisine et attrapa un bol qu'elle remplit au robinet. Elle s'apprêtait à emprunter le chemin inverse lorsque son père l'interrompit depuis le salon :

« Hope ! C'est toi ? »

« Ou-oui papa... »

« Ne court pas dans les escaliers ma chérie. »

Elle ne prit pas la peine de répondre, elle rejoignit sa chambre avec le bol d'eau. Contrairement à ce qu'elle pensait, le lapin était toujours là. Il s'était assis sur le bord du lit. Il léchait sa patte droite lorsqu'elle entra.

« Ah te voilà. Un bol ?! Tu n'as pas remarqué que j'avais une patte cassée , Comment veux tu que je tienne un bol ? Tant pis, tu vas devoir m'aider. Approche le bol que je puisse boire. Voilà, encore un peu... »

Hope s'était assise à coté du lapin, elle ne le quittait pas des yeux pendant qu'il buvait lentement. Il fit plusieurs pauses, pour reprendre son souffle. En fait il faisait une pause à chaque fois qu'une bulle sortait de ses narines.

« Je, je suis désolée, excusez moi. » Hope ne savait pas pourquoi elle présentait des excuses, mais elle sentait qu'elle devait le faire.

« Désolée de quoi ? » reprit le lapin

« Bah je ne sais pas, c'est vous qui avez dit tout à l'heure que... »

« Oh laisse cela... Ce n'est pas vraiment ta faute... »

« Qu'est ce qui n'est pas vraiment ma faute ? » Hope ne comprenait pas, elle avait l'impression de ne pas être vraiment présente là, dans sa chambre.

« L'accident, ce n'est pas ta faute, ce n'est pas toi qui conduisait. »

« L'accident ? Oh le bruit hier, en allant à l'école ? »

« Bah oui, le bruit c'était moi. Vous ne m'avez pas raté. J'ai pourtant essayé de vous éviter, mais Paf vous m'avez eu. »

« Bong. » rectifia Hope

« Quoi bong ? »

« En fait ça a plutôt fait Bong. Pas Paf, mais bong.»

« Non mais ça ne va pas dans ta tête, tu as un problème. Je te dis que vous m'avez écrasé, j'ai plusieurs os cassés, et toi tu chipotes sur le bruit que mon corps a fait en rencontrant votre énorme voiture. Il te manque une case ma parole. » Le lapin s'énervait à nouveau, il s'était levé et faisait les cent pas en rond sur le lit.

« Je suis désolée, je ne voulais pas vous vexer...c'est juste que, bah c'est bizarre tout ça pour moi...Enfin, je veux dire c'est la première fois que je parle à un lapin. C'est la première fois qu'un lapin entre chez moi...Est-ce que tous les lapins sentent aussi mauvais que vous ? » A cette instant Hope crut comprendre pourquoi ses parents refusaient qu'elle en ait un, l'odeur était insupportable.

 
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 22:09
merci à tous pour vos commentaires, sur le blog où ailleurs.

 

Sur la route du retour Hope prêta l'oreille, attentive au moindre bruit. Elle attendait un signe, une autre note mais rien ne vint.

Arrivée à la maison, la fillette bondit hors de la voiture et courut, trop impatiente de retrouver ses jouets, son lit et ses livres. En passant devant le salon elle salua son père assis dans son fauteuil pris dans la passionnante lecture du journal. Tous les jours on lui en livrait un nouveau qui ressemblait étrangement à celui de la veille.

« Ca va ma fille ? C'était bien l'école ? »

Aucune de ces deux questions n'attendait de réponse. Hope aurait pu se lancer dans un exposé détaillé de sa journée ou parler de toute autre chose, invariablement la réponse de son père était la suivante :  « Han han...ah...ah d'accords. » Elle ne lui en voulait pas, ils auraient le loisirs plus tard de discuter. Pour le moment il était au beau milieu du temps calme qu'il s'accordait en rentrant du travail. Il lisait toujours son journal en deux fois, comme s'il s'agissait d'un match de foot et que la mi-temps durait huit heures. La rencontre débutait le matin lorsque le journal venait s'écraser sur la porte d'entrée, après avoir été lancé par un jeune livreur à vélo; elle prenait fin en soirée au moment où son père se levait pour rejoindre la cuisine et préparer le repas.

D'ici là Hope serait montée dans sa chambre, allongée sur son lit et elle aurait relu les premières pages de son livre préféré pour la cinquième fois.

Le repas ne fut aucunement passionnant, ses parents étaient trop occupés à discuter entre adultes. Elle se coucha sans rechigner, plus tôt que d'habitude. Il pleuvait et le vent soufflait. Tant mieux, Hope avait toujours aimé la musique de la pluie sur sa fenêtre. Puis l'orage vint, avec un léger décalage. Les éclairs illuminaient sa chambre distribuant des rôles lugubres aux ombres de ses jouets, puis dans l'instant qui suivait le tonnerre explosait. Sa chambre toute entière tremblait, pourtant Hope se sentait bien, en sécurité dans l'utérus de son lit, tel un foetus bercé par la marche alourdie d'une mère.

Emmitouflée dans sa couette, elle fixait la fenêtre, attendant chaque nouvelle illumination comme si ce devait être la dernière. Mais voilà que sur un coup de projecteur l'horreur surgit.

Hope hurla, terrifiée qu'elle était. Elle avait bien du crier cinq minutes au moins avant que son père n'accourt, serrant le balais dans ses mains.

« Où ? Où elle est cette fichue araignée ? » a-t-il demandé prêt à en découdre avec une armée d'arachnides.

« Sur...sur le rebord de ma fenêtre, dehors. » Hope haletait.

« Hope, sur le rebord de ta fenêtre ? Dehors ? Tu te moques de moi ? Elle ne peut pas t'atteindre, tu le sais quand même. Mince, tu n'es plus un bébé. »

« Mais, mais, ce n'est pas une araignée. Un monstre, c'est un monstre avec des griffes et deux piques sur la tête, il est horrible. »

« Hope ma chérie, tu as fait un cauchemar, c'est tout. Il n'y a pas de monstre. Qu'est ce qui se passe ? »

« Je te jure que j'ai vu quelque chose sur la fenêtre. »

« Alors dis moi, je dois ouvrir la fenêtre, passer la tête dehors et me faire tremper ? Et tout ça juste pour te prouver qu'il n'y a pas de monstre !! C'est bien ce que tu veux ? »

Hope fit oui de la tête, un peu coupable. Son père ouvrit la fenêtre, et bien sur il n'y avait rien sur le rebord. Il n'y a jamais rien quand les adultes regardent.

« Ca y est, tu es rassurée maintenant ? Bonne nuit ma fille. »

Sa question n'attendait aucune réponse. Hope attendit qu'il soit parti pour se relever, puis elle se colla au mur et avança prudemment vers la fenêtre. Elle souffla pour évacuer son stress avant de jeter un coup d'oeil. Elle s'aperçu qu'en effet rien ne se tapissait sur le rebord de sa fenêtre.

Elle s'enroula dans sa couette et décida de veiller encore un peu avant de s'endormir, juste pour être sur.


Au réveil il ne restait rien de l'épisode orageux de la nuit si ce ne sont quelques feuilles mortes collées sur sa fenêtre. Par chance c''était le weekend, elle n'aurait donc pas à subir l'école après une si mauvaise nuit. Hope prêta l'oreille et lorsqu'elle entendit des bruits de vaisselle dans la salle à manger, elle descendit prendre le petit-déjeuner avec ses parents.

« Comment va ma petite ce matin ? » s'inquiéta sa mère.

« Ca va. Encore un peu fatiguée, mais ça va. »

« Ca faisait longtemps que tu nous avais fait le coup des monstres...Heureusement que ton courageux père est là pour défendre sa petite princesse. Au secours papa ! A l'aide, une araignée géante m'attaque ! » Hope détestait que son père se moque d'elle.

« Très drôle papa, vraiment très drôle. » Elle marqua une pause pour embrasser son père, puis elle ajouta dans un sourire :

« C'est vrai qu'en caleçon, avec un balai en guise d'épée tu ferais peur à n'importe qui. »

Sa mère étrangla un rire.

« Riez, riez ! La prochaine fois je vous laisserai vous débrouiller toutes seules les filles. Et moi je resterai bien au chaud dans mon lit. »

Le repas se poursuivit dans cette humeur taquine, puis chacun reprit ses activités.


(encore un extrait à venir après celui-ci, l'histoire se débutera completement au prochainextrait , j'ai besoin de retoucher au texte et de faire avancer l'histoire sans coupure)
 

 
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 15:05

Les jours défilaient et ses espoirs disparaissaient, embourbés dans les tranchées. Elle était sur le point de lâcher prise, de laisser son rêve tomber dans le gouffre sans fond du raisonnable lorsque la douce musique du destin se fit entendre.

Ce fut tout d’abord une note unique, orpheline. Un BONG qui la sortie d’une triste torpeur sur la route de l’école. Ce n’était pas le « bong » vulgaire du bidon d’huile de vidange mais un son harmonieux plein de vie et de promesse. Elle n'aurait jamais crut que le pare-choc de leur vieille Vauxhall était capable d’un tel raffinement. L’âme encore emplie de ce ravissement Hope tendit une oreille avide, mais rien, pas une note de plus. Au volant, sa mère semblait ne rien avoir entendu. Elle avait sûrement rêvé…

 

Hope n'aimait pas le sentiment d'enfermement lié à l'école. C'était chaque fois pour elle une journée de plus en captivité. Les murs de la cour, les grilles bien trop hautes, l’école lui faisait penser à un hôpital psychiatrique où les patients seraient tous plus ou moins volontaires. Elle n’y avait aucun ami. C’était donc seule au milieu d’une foule de pathologies qu'elle passait ses récréations, impatiente toujours de reprendre les leçons.

Ah, être assise au fond de la classe près du radiateur, bercée par la voix monotone de Mr Rocher l’instituteur…Elle somnole entre rêve et réalité...

Hope s'imaginait centaure, mi-femme mi-bureau, ses jambes d’acier ne supportant plus l’immobilité imposée, ses pieds frémissaient, le galop libérateur s’annonçait dans chaque veine, chaque capillaire, elle allait ruer, bondir ; frapper le sol et le vent de ses sabots avides. Hop goûtait l’écume, reniflait la sueur avant l’effort, mais BONG !

La même note ronde la rappela à la réalité. Cette fois c’était le gros radiateur en fonte qui se faisait musicien. Un musicien monstre qui jouait sans règles ni limites. L’ensemble de la classe écoutait et frémissait en entendant l’improvisation vocale de la tuyauterie, jusqu’au moment où le maître lui coupa le sifflet en fermant le vieux robinet.

Plus tard lorsque la sonnerie retentit, les autres enfants se précipitèrent, les pieds des chaises hurlèrent en griffant le sol et à peine sortis de la classe, garçons et filles aboyèrent leur joie d'être libre. Hope se leva lentement, pas tout à fait certaine d'avoir retrouvé ses jambes de jeune fille. Mr Rocher lui sourit sans un mot, elle le salua et quitta l'école.

Sa mère l'attendait à l'extérieur de la voiture, elle semblait préoccupée. Elle observait le pare-choc et la roue avant droite.

« Qu'est-ce qu'il y a maman ? »

« Aaaaaah ! Hope tu m'as fait peur, je ne t'ai pas entendu arrivée, fais attention la prochaine fois. Tu vas me faire mourir. »C'était typique de sa mère, toujours à exagérer ses réactions.

« Pourquoi tu regardes la voiture comme ça ? » Hope s'était penchée pour voir ce qui attirait l'attention de sa mère, mais celle-ci la prit par l'épaule et l'emmena vers la portière arrière.

« Rien, pour rien, je crois que j'ai roulé sur un truc dégoutant. Allez monte, rentrons.»

 
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